15/02/2015

Où va la consommation collaborative ?

Le développement de « l’économie collaborative » s’est considérablement accéléré ces dernières années, portée par l’adhésion du public. Au cours de cette première phase de développement et jusqu’à récemment, l’économie collaborative a essentiellement percé dans les secteurs de l’hébergement entre particuliers, de la location de véhicules entre particuliers et du co-voiturage. Et maintenant, où va la consommation collaborative ?


L’ancrage initial de l’économie collaborative sur ces 3 secteurs s’explique à la fois par les coûts importants portés par les propriétaires de ces types de biens (prix d’acquisition d’un logement ou d’une voiture et coût de leur entretien ou des frais de transport en voiture) qui y voient une opportunité d’en tirer des revenus, mais également par l’alternative bon marché que le partage représente pour les utilisateurs de ces biens et services. Le succès de ces transactions entre particuliers réside dans l’évidente convergence des intérêts des propriétaires et des utilisateurs.

Une seconde phase, orientée « utilisateurs »



Aujourd’hui, l’économie collaborative amorce une seconde phase de développement en pénétrant les secteurs sur lesquels les intérêts des propriétaires sont moins évidents à première vue et prennent un peu plus de temps à être satisfaits.

C’est le cas par exemple du développement de la location et du prêt d’objets entre particuliers. Dans ces modèles, si l’intérêt des utilisateurs « locataires » ou « emprunteurs » d’objets reste clair (économiser en évitant d’acheter l’objet en question), la valeur de ces objets étant moindre que celle d’un logement ou d’une voiture, les propriétaires ne peuvent espérer en tirer un bénéfice aussi important et doivent louer ou prêter plus d’objets et plus régulièrement pour avoir un intérêt à les partager, qu’il soit monétaire ou en nature. Sur les objets de la vie courante, le rapport de force est donc davantage en faveur des utilisateurs.

Le cas de la location entre particuliers


On peut d’ailleurs se demander si pour ces objets (dont la fameuse perceuse qui fait couler beaucoup d'encre), qui sont malgré tout assez largement répandus dans les foyers (contrairement à une voiture ou à une chambre libre…), les utilisateurs sont réellement prêts à payer pour pouvoir les utiliser. Le fait de pouvoir exiger quelques euros de quelqu’un pour utiliser une perceuse (alors que ce quelqu’un a potentiellement accès à des dizaines de perceuses autour de lui, dans son immeuble, son quartier etc…) va-t-il perdurer? Toute la subtilité est dans le « potentiellement »…

En effet, si aujourd’hui les sites de location de ces objets « banals » marchent fort, c’est parce que tous les propriétaires de perceuses n’y ont pas encore proposé leurs engins (généralement parce qu’ils ne connaissent pas l’existence de ces sites, ou par ce que les revenus générés sont trop faibles pour justifier d’y consacrer du temps). En effet, dès l’instant où un grand nombre de propriétaires sont inscrits sur ces sites de location, les coûts de location payés par les utilisateurs doivent converger vers zéro, concurrence oblige.

Alors, allons-nous vers le tout gratuit ?


A terme, il est donc assez normal qu’avec la démocratisation des pratiques collaboratives et l’augmentation de la quantité d’objets proposés par les propriétaires, les sites de prêts gratuits entre particuliers prennent l’avantage sur la location entre particuliers pour les objets du quotidien. Ils proposent un avantage sans équivalent aux utilisateurs, la gratuité totale, et ne pénalisent pas pour autant les propriétaires dès lors que les revenus tirés de leurs objets « banals » approchent zéro sur les sites de location.

Certains d’entre eux, comme empruntez-le.fr ou trampolinn.com, ont en outre une offre pouvant séduire les propriétaires : le donnant-donnant. Prêter gratuitement donne la possibilité aux propriétaires d’emprunter, et réciproquement, les utilisateurs doivent prêter pour pouvoir emprunter. Sur ces plateformes, chacun est alternativement propriétaire et utilisateur.

Pour les start-ups écloses récemment et positionnées sur le segment des échanges gratuits entre particuliers, plus que d’attirer les utilisateurs des objets, le défi est de recruter et convaincre les propriétaires et les faire adhérer à leurs modèles. Ce point sera crucial pour atteindre la masse-critique de propriétaires et pour leur succès.

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